L’argent dans tout ça… : une question de vertu

L’argent, c’est déjà un sujet sensible de manière générale, mais lorsque l’on associe secteur créatif à la notion d’argent, ça devient carrément tabou. On a d’ailleurs tous en tête l’image de l’artiste fauché qui ne vit que d’amour et d’eau fraîche. Et puis gagner de l’argent en pratiquant une activité qui nous procure du plaisir, n’est-ce pas un peu suspect?

Comme je le disais en introduction, l’environnement “extérieur” nous renvoie souvent l’idée que l’on ne gagne pas forcément de l’argent grâce à un métier passion, mais gagner de l’argent n’est pas très bien vu de “l’intérieur” non plus (j’entends par là dans le secteur culturel et créatif). Sans vouloir faire de politique, le secteur culturel et créatif est assez anticapitaliste. Il ne s’agit pas de porter un quelconque jugement là-dessus, c’est un constat. On a beau défendre l’idée qu’on n’est pas contre gagner de l’argent, en gagner nous répugne quand même un peu (point de trop n’en faut!).

Un besoin

Peut-on se passer d’argent, de gagner de l’argent? Non, évidemment. Ça parait logique dit comme ça, et tu seras bien d’accord avec ça. Et pourtant, pourquoi existe-t-il toujours autant de freins liés à l’argent? On utilise souvent le terme “d’entrepreneuriat culturel et créatif”. Nous sommes donc bien des entrepreneurs comme les autres, c’est le secteur dans lequel nous évoluons qui est différent. On a beau se défendre de vouloir donner à son activité une valeur économique, il n’en reste pas moins que cette valeur est indispensable, ne serait-ce que pour faire perdurer notre activité et rendre possible notre contribution au monde. Une fois qu’on a compris tout ça, il est sûrement plus facile d’accepter l’idée de “faire de l’argent”. J’entends par là que vendre fait partie intégrante de notre travail, que vendre n’est pas quelque chose de malhonnête, que vendre est un bénéfice pour toi autant que pour tes clients, que vendre est un acte d’amour (réciproquement entre le client et toi) et non pas un piège tendu (ni pour toi, ni pour le client).

Un moyen

Vendre, gagner de l’argent, sans en faire une fin en soi, doit malgré tout être une mission centrale dans ton business. Par contre, nul besoin que ça ne soit une corvée, il faut que ça soit, ou que ça devienne un plaisir. Plus tu créeras ton univers propre et aligné, plus tu révéleras ton identité artistique, plus tes pièces seront le reflet de qui tu es et de ce que tu veux véhiculer, plus elles incarneront ton message, moins tu auras de problème avec l’argent, avec le fait de fixer un prix et de l’assumer, plus vendre deviendra naturel, plus ça deviendra un plaisir, car vendre sera un échange bienveillant, une relation réciproque. Au-delà d’échanger une de tes pièces contre de l’argent, tu partageras bien plus. Si ton univers est singulier, personnel, et que tes clients se retrouvent dans ton travail, c’est que vous partagez une vision, des valeurs, des références communes. C’est bien là l’objectif, au-delà de vendre une céramique, un bijou ou un luminaire, tu vends une certaine vision de liberté et de voyage, tu vends de l’assurance et de la confiance en soi, tu vends un retour en enfance, ou que sais-je encore, c’est là que se situe ta valeur ajoutée. Ça sera d’ailleurs le sujet du prochain article de la série sur l’argent : Une question de prix.

Et toi, quel rapport entretiens-tu avec l’argent? Es-tu à l’aise avec l’argent et la vente? Dissocies-tu ton rapport à l’argent de ton rapport à la vente?

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